Plaies et blessures du chien : Comment soigner et réagir ?

Plaies et blessures du chien : Comment soigner et réagir ?

I. Plaies simples ou plaies graves ?

Et oui, ce n’est pas la même chose ! Et forcément, les soins et recommandations seront différents.

Commençons par la plaie simple. Il s’agit d’une petite écorchure, superficielle, qui n’atteint pas les couches profondes de la peau. Le saignement est léger, souvent absent, et s’arrête tout seul. Pas de douleur importante, pas de pus, pas de suintement. En bref, un petit bobo sans gravité.

Mais attention, il y a quelques exceptions. Par exemple, en cas de morsure entre chiens, même si la plaie semble minime, la conduite à tenir est différente. On vous renvoie à notre article dédié au sujet.

En revanche, si la plaie est localisée près de l’œil, même minime, une consultation vétérinaire est nécessaire. Certaines lésions oculaires ne sont pas visibles à l’œil nu, et un œil, ça ne se bricole pas à la maison.

II. Les bons gestes à adopter

1. Nettoyage

Commencez toujours par nettoyer la plaie. Avec de l’eau claire, du sérum physiologique, ou même de l’eau tiède et du savon neutre. Une fois la zone bien dégagée, vous verrez mieux l’étendue réelle de la blessure.


Le saviez-vous ?  L'eau oxygénée est très utile en première intention. En contact avec le sang, elle mousse : cette mousse permet de faire remonter à la surface des particules invisibles (terre, gravillons, herbes...), tout en aidant à stopper les petits saignements. Elle existe en unidoses en pharmacie, à glisser dans votre trousse de secours ;-) 


2. Désinfection

UItilisez ensuite un désinfectant adapté comme la chlorhexidine (Biseptine, Vetidine, etc.). La bétadine, elle, a tendance à assécher la peau, donc elle est plutôt à privilégier si la plaie suinte.

Et justement, c’est quoi une plaie qui suinte ?

C’est une plaie qui libère du liquide (pus ou lymphe). La lymphe est un liquide clair, jaunâtre ou transparent, qui n’a pas d’odeur et qui sort d’une plaie propre.
Il s’agit d’un fluide physiologique, produit naturellement par le corps qui contient de l’eau, des protéines, et des globules blancs (nos fameux soldats du système immunitaire). 

La lymphe sert à nettoyer la plaie, à évacuer les déchets cellulaires et à aider à la cicatrisation. On parle ici d’une réponse normale et saine à une plaie, surtout en phase de cicatrisation initiale. Il ne faut pas s’en inquiéter tant que la quantité est modérée, que la plaie ne gonfle pas, ne rougit pas anormalement, et que le chien n’a pas de fièvre ou de douleur excessive.

Le pus lui, c’est un liquide opaque, jaune, vert ou brun, parfois malodorant. Il est souvent plus épais.
Il est constitué de globules blancs morts (le corps s’est battu contre une infection), des bactéries, descellules détruites, et des débris tissulaires. Le pus est donc le signe d’une infection en cours. Si la plaie suinte du pus, cela signifie que le corps est en train de lutter contre une agression microbienne. C’est un signal d’alerte, et il faut consulter un vétérinaire rapidement pour éviter que l’infection ne se propage.

3. Protection

 Si la plaie est propre et sèche, un bandage léger peut la protéger des léchages intempestifs ou des frottements. Si elle est encore humide ou suintante, il vaut mieux la recouvrir pour limiter l’entrée de bactéries. Dans tous les cas, on évite de laisser la plaie à l’air libre dans les premières heures.

Comment faire un bandage ?

Rien de sorcier ! Il vous suffit d’appliquer une compresse propre (stérile ou non, ce n’est pas essentiel car la plaie ne l’est plus) directement sur la zone, puis d’enrouler une bande crêpe (tissu extensible) ou une bande auto-adhésive (qui se colle sur elle-même). Les deux font très bien le job, à vous de choisir selon votre trousse et la zone concernée. Le bandage sera changé tous les jours, ce qui vous permet également de suivre l’évolution de la plaie. 

4. Soins et remèdes

Il existe également des produits (naturels ou non d'ailleurs) qui peuvent aider à la cicatrisation des plaies. Ici on est team #remèdedegrandmère et j’utilise du miel. Il est naturellement antiseptique, et permet aux bactéries de ne pas proliférer. 

Votre liste de courses pour les soins :

- Sérum physiologique en unidose

- Eau oxygénée

- Spray désinfectant (type Biseptine)

- Compresses (stériles ou non)

- Bande crêpe ou auto-adhésive

- Une paire de gant non stérile

- Un pot de miel si besoin (et ce n’est pas pour la crise d’hypoglycémie !) 

Même si la plaie semble bénigne, gardez un œil dessus. Vérifiez-la chaque jour : elle doit diminuer, ne pas changer de couleur, et ne pas commencer à suinter davantage. Dans le cas contraire, direction le vétérinaire — car une plaie qui dégénère, c’est une plaie qui passe au niveau supérieur : la plaie grave.

III. La transition vers la plaie grave

On parle ici d’une plaie profonde, plus étendue, avec un saignement plus abondant (sans aller jusqu’à l’hémorragie), un aspect inquiétant, une odeur désagréable, et parfois la présence de pus. Bref, une plaie « pas jolie », qui mérite clairement un avis vétérinaire.

En attendant votre consultation, vous pouvez reproduire les gestes de premiers soins vus précédemment : nettoyer délicatement, désinfecter, protéger avec un pansement. Pour ce qui est des soins, vous pouvez les appliquer, mais ça ne sera clairement pas une solution magique en cas de grosse infection. Mais attention, une plaie grave est souvent douloureuse — et la douleur peut pousser votre chien à grogner, montrer les dents ou même mordre. 

Il est donc essentiel de rester prudent et de vous protéger, voire de faire appel à une seconde personne pour vous aider à maintenir l’animal calmement.

Le rendez-vous chez le vétérinaire ne doit pas être pris à la légère. Il ne s’agit pas de « surveiller quelques jours et voir ce que ça donne ». Une plaie de ce type nécessite des soins adaptés, parfois sous sédation, ainsi que des traitements spécifiques (antibiotiques, anti-inflammatoires...) qui ne sont disponibles que sur ordonnance.

Et surtout, pas d’automédication : certains anti-inflammatoires peuvent être toxiques pour les reins, et tous les antibiotiques ne se valent pas. Seul votre vétérinaire pourra juger du bon protocole de soin, en fonction de la localisation, de la profondeur de la plaie et de l’état général de votre chien.

IV. Cas particulier : le corps étranger dans la plaie

Et s’il y a un corps étranger dans la plaie ? Eh oui, il arrive qu’un petit "truc" se soit invité à l’origine de la plaie… et qu’il ait décidé de rester. Un bout de branche, un éclat de verre, une épine… Bref, un indésirable qui fait de la résistance. Dans ce cas, vous pouvez nettoyer autour, mais inutile d’espérer que votre eau oxygénée fasse jaillir l’objet comme Excalibur dans son rocher : elle ne fera pas de miracle. Cela dit, un bon nettoyage reste toujours la base.

Ce type de plaie nécessite une consultation vétérinaire dans la journée, pas demain, pas dans trois jours. Le but est de stabiliser l’animal sans aggraver la situation jusqu’au rendez-vous.

Pas de bandage dans ce cas-là ! Un pansement pourrait exercer une pression sur la zone, et enfoncer encore plus profondément l’objet dans les tissus. Résultat : plus de douleur, plus de dégâts. 

Et surtout : n’essayez pas de retirer le corps étranger vous-même. Pourquoi ? Parce que ce petit morceau coincé là pourrait, en réalité, bloquer une fissure dans un vaisseau sanguin. Si vous le retirez brutalement, vous pourriez déclencher une hémorragie massive. Et ce n’est pas le moment de jouer les chirurgiens improvisés. Ni même de le pousser, pencher ou faire marcher le chien. Car c’est comme un iceberg, vous voyez la partie visible, mais l’invisible peut faire des dégâts sur les organes internes. 

Donc on nettoie délicatement autour, on observe, on protège l’animal, et on file chez le vétérinaire. Il aura l’équipement (et l’anesthésie) pour gérer ça en toute sécurité.

V. L'Hémorragie : le niveau supérieur de l'urgence

Selon la définition du dictionnaire, une hémorragie est une perte de sang importante et continue, qui ne s’arrête pas de lui-même. On est donc face à une plaie grave, avec une difficulté supplémentaire : le saignement ne s'arrête pas spontanément. Vous avez atteint un niveau supérieur dans l'urgence vétérinaire.

Le saviez-vous ? Un chien possède environ 1 litre de sang pour 10 kg de poids corporel. Par exemple, un Jack Russell de 9 kg à environ 900 mL de sang dans l'organisme, tandis qu'un Bouvier Bernois de 50 kg aura environ 5 litres. Ainsi, en cas d'hémorragie, un petit chien comme un Chihuahua sera en danger plus rapidement qu'un grand chien comme un Cane Corso, car il a moins de sang à perdre avant que cela ne devienne critique.

Le seul moyen de stopper une hémorragie sans équipement chirurgical (on n’a pas tous un chirurgien sous la main en randonnée !) est la compression. Vous devez donc réaliser un bandage compressif sur la plaie qui saigne.

Comment faire un bandage compressif :

Pas de nettoyage, pas de désinfection : le temps joue un rôle crucial. Le but premier est d'arrêter le saignement pour emmener votre chien le plus rapidement possible chez le vétérinaire le plus proche.

 Comment faire un bandage compressif :

  • Utilisez une matière plastique, comme un paquet de mouchoirs ou un sac plastique rempli de tissu, pour créer un effet de coussin, et placez-le sur la plaie.

  • Enroulez une bande crêpe autour de la zone en serrant fermement, mais sans faire un garrot.

  • En fonction de l’emplacement, le bandage mouillé peut glisser. Vous pouvez faire un tour de bande autour de l’abdomen pour éviter que celui-ci descende. 

Il est possible d’utiliser du matériel technique, c'est-à-dire qui a été créé directement pour ce genre de situation. Typiquement le bandage israelien, ou des bandages compressifs, qui ont déjà dans la bande, intégrée une partie hémostatique à mettre directement sur la plaie. 

Ce dont vous aurez besoin : 

  • Une paire de gants non stériles

  • Un coussin hémostatique

  • Une bande crêpe ou un bandage compressif tout prêt

Et si un corps étranger est présent dans la plaie ? Ah, la difficulté supplémentaire ! Si un objet est coincé dans la plaie (comme un éclat de verre ou une branche), ne réalisez pas de bandage compressif, car cela pourrait enfoncer davantage l'objet. Et surtout, ne tentez pas de l'enlever vous-même : cet objet pourrait bloquer une hémorragie interne, et le retirer pourrait aggraver le saignement.

L'usage du garrot (cas extrêmes avec corps étranger)

Dans ce cas, la solution est le garrot. Utilisez un garrot technique (comme un tourniquet) ou un lien large (comme une ceinture) pour serrer fortement au-dessus de la plaie, au moins une articulation au-dessus de celle-ci, afin de comprimer l'artère. Par exemple, pour une plaie à la patte, placez le garrot en haut de la cuisse. Un garrot efficace arrêtera le saignement. Un garrot ne peut pas être placé sur l’abdomen ou autour du cou. 

Mais attention, le garrot n’est pas sans danger. Lorsqu’un membre est privé de circulation sanguine, comme c’est le cas avec un garrot bien serré, les cellules privées d’oxygène changent de mode de fonctionnement. Elles se mettent à produire des déchets, dont du potassium en grande quantité, et d'autres substances acides. Tant que le garrot est en place, tout reste localisé.

Au moment où on le retire, ces substances sont relâchées d’un coup dans le reste de l’organisme. Et c’est là que ça peut devenir très dangereux. Un excès brutal de potassium dans le sang — ce qu’on appelle une hyperkaliémie — peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, voire un arrêt cardiaque. C’est pour cette raison que le retrait d’un garrot doit toujours se faire sous surveillance vétérinaire, avec les traitements adaptés pour éviter ces complications (perfusion, surveillance cardiaque, injections…).

Malheureusement, chez les animaux, l’amputation d’un membre est parfois nécessaire après une longue ischémie, car les tissus n’ont pas survécu. C’est un choix difficile, mais souvent le plus sûr. Et rassurez-vous, un chien peut très bien vivre avec trois pattes. Il y a de grandes chances qu’il court, joue, et profite de la vie presque comme avant — sans se poser autant de questions que nous !


Il n’est bien sûr pas question de céder à la panique à la moindre éraflure sur votre animal. Mais vous commencez à me connaître : j’ai toujours cette légère tendance à vous préparer au pire… avec un brin d’humour, évidemment.

Conclusion : Restez calme et agissez

Une plaie, même minime, reste une porte d’entrée pour les bactéries. Et votre chien, lui, ne sait pas qu’il ne faut pas lécher, gratter, se rouler dans l’herbe ou vous fixer l’air indigné pendant que vous essayez de faire un bandage propre. Il ne lit pas les notices, ni les ordonnances, alors c’est à vous de faire ce rôle-là. Vous êtes son gardien, son soigneur, son référent santé (et aussi son distributeur de friandises, ne l’oublions pas).

C’est donc à vous de prendre les bonnes décisions, et maintenant vous avez toutes les cartes en main pour le faire. Une plaie simple pourra être traitée à la maison, avec un bon nettoyage, une désinfection soignée, et une surveillance rapprochée. Une plaie plus profonde, suspecte ou qui dégénère… direction le vétérinaire. Et si on passe au niveau supérieur — Level 2 : hémorragie, ou Level 3 : hémorragie + corps étranger — on applique les gestes d’urgence et on file en consultation sans tarder.

Le plus important : restez calme. Dans ces situations, votre sang-froid est la meilleure arme (avec votre trousse de secours en bonus). Et souvenez-vous : il vaut mieux consulter “pour rien” que trop tard. Une plaie, ça peut paraître bénin… jusqu’au jour où ça ne l’est plus.

Alors respirez, observez, et agissez. Vous êtes prêt.


 

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