Intoxication : celui qui évitait les baies sauvages

Intoxication : celui qui évitait les baies sauvages

Effectivement, il existe une multitude de substances, qu’elles soient alimentaires, médicamenteuses ou environnementales, qui peuvent être à l’origine d’une intoxication chez votre animal. Et on va — tenter — d’en faire le tour, calmement et sans paniquer.

1. Le danger dans la gamelle : l'alimentation

 Il y a des aliments, aussi délicieux soient-ils pour nous, qui peuvent s’avérer être de véritables poisons pour eux. Voici les plus fréquents (et redoutés) :

Le chocolat (Le grand classique). Il contient de la théobromine, une molécule que le foie du chien n’arrive pas à éliminer correctement. Elle s’accumule dans l’organisme et peut provoquer une intoxication sévère.


Voici les concentrations moyennes de cette molécule, en fonction du type de chocolat :

- Chocolat blanc : 0,009 mg/g (quasi inoffensif, sauf s’il contient beaucoup de graisses)

- Chocolat au lait : 1,5 à 2,2 mg/g

- Chocolat noir : 4,5 à 15 mg/g

- Poudre de cacao pur : jusqu’à 26 mg/g

Dose toxique :

- < 12 mg/kg : en principe non toxique

- 12–90 mg/kg : potentiellement dangereux

- 90 mg/kg : dose létale possible

Les signes cliniques vont de l’agitation, des vomissements, à des convulsions, troubles cardiaques et, à forte dose, le décès de l’animal. Il existe un calculateur sur le site du 3115 Urgences vétérinaire, qui pourrat vous aider à calculer la dose toxique au besoin : https://www.urgences-veterinaires.fr/veterinaire-de-garde/calculateur-toxicite-chocolat-chien.php

L’ail, l’oignon, l’échalote, le poireau. 

Tous ces aliments font partie de la famille des alliacées. Ils contiennent des composés soufrés qui détruisent les globules rouges et peuvent provoquer une anémie hémolytique (destruction des globules rouges).

ATTENTION :  L’intoxication peut être aiguë ou chronique (si petites quantités données régulièrement). Les signes sont : fatigue, muqueuses pâles, urine foncée, essoufflement. 

Ce sont des aliments “cachés” au détour d’un plat maison qu’on a envie de partager, et on oublie que dans la préparation, il pouvait y avoir un peu d’ail ou d’oignons. 

 

Le café et le thé : 

Contiennent de la caféine, un stimulant du système nerveux central. Chez le chien, elle peut entraîner de l’hyperactivité, des tremblements, une tachycardie, des vomissements, voire des convulsions. Il peut être assez compliqué d’imaginer qu’un chien puisse boire une tassé de thé ou de café tranquillement sur le canapé. C’est plutôt sous sa forme originale que cela arrive, un paquet de grains de café, boulotté comme des bonbons, ou des sachets de thé éventrés. Ils trouvent toujours un moyen d’y arriver ! 

L’alcool : 


Même à faible dose, l’éthanol peut provoquer une dépression du système nerveux central, une hypoglycémie, de la désorientation, des vomissements, une hypothermie, et dans les cas graves, le coma. Ce n’est pas drôle, même si votre chien a “juste” léché le fond d’un verre. 

Le raisin (frais ou sec) : 

Le mécanisme exact reste encore mystérieux, mais il peut provoquer une insuffisance rénale aiguë, même en très faible quantité et quel que soit le gabarit du chien. C’est une des intoxications les plus imprévisibles. Les signes sont des vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, baisse d’appétit, léthargie. Les doses toxiques estimées selon le centre antipoison : 

Raisin frais entre 10 à 50 g/kg et raisin sec entre 3 à 6 g/kg.

L’avocat :

Contient de la persine, une toxine fongicide qui peut être dangereuse pour certains animaux. Chez le chien, l’intoxication est généralement modérée, mais peut provoquer des troubles digestifs (vomissements, diarrhée) et, dans certains cas, des problèmes cardiaques. Et que cela soit l’ingestion du fruit, ou du noyau. 

Les noix (notamment de macadamia):

Les noix de macadamia sont particulièrement toxiques : elles peuvent entraîner de la faiblesse, des tremblements, de la fièvre, une léthargie et des troubles locomoteurs. On ne connaît pas encore précisément le mécanisme, mais l’effet est bien réel même à faible dose. On compte aussi les noix normales, encore dans leur coque. A l’intérieur de ces coques, en fonction de leur conservation, peut se former des champignons, ou mycotoxines, qui peuvent également provoquer des intoxications. 

Les pommes de terre crues : 

La pomme de terre contient naturellement de la solanine, une substance toxique présente surtout dans les parties vertes ou germées. On la retrouve principalement dans la peau et les tiges, et sa concentration augmente lorsque le tubercule verdit ou commence à germer.

À partir de 30 g/kg de pommes de terre verdies, on entre dans une dose considérée comme toxique. Les premiers signes sont le plus souvent digestifs : diarrhées, vomissements… Mais si la quantité ingérée est importante, des troubles neurologiques peuvent apparaître, avec un impact plus sérieux sur le pronostic vital.

 

2. L'armoire à pharmacie : attention à l'auto-médication

On continue notre petit tour avec les médicaments. La prise de médicament doit toujours être à la suite d’un avis vétérinaire. L’auto-médication, comme pour les humains, peut causer des dégâts.

L’intoxication par les médicaments est souvent due à un accident à base de “Oops, j’ai fait tomber le comprimé par terre”, et notre Aspi-Chien passe par là, et la chose est faite. 

Les médicaments que l’on voit souvent en urgence : 

Le Paracétamol :

Chez le chien, le foie ne possède pas suffisamment d’enzymes pour transformer et éliminer correctement le paracétamol. Résultat : la molécule s’accumule dans l’organisme, provoquant rapidement des dégâts importants. Le foie est le premier organe touché, avec une destruction des cellules hépatiques. Ensuite, c’est le sang qui est impacté : l’hémoglobine, chargée de transporter l’oxygène, est modifiée et devient inefficace. Le sang prend alors une teinte brun chocolat, et l’organisme ne reçoit plus assez d’oxygène.

Les premiers signes apparaissent en général entre 2 et 12 heures après l’ingestion. Le chien devient abattu, perd l’appétit, peut souffrir de douleurs abdominales, vomir ou avoir la diarrhée. Parfois, les vomissements sont retardés. On peut aussi observer un jaunissement des muqueuses (ictère), des urines foncées, et un gonflement du visage ou des pattes. À un stade plus avancé, on peut voir des difficultés respiratoires (le chien halète ou semble essoufflé), une accélération du rythme cardiaque et une coloration bleuâtre des muqueuses (cyanose).

La dose toxique est estimée entre 50 et 100 mg/kg. Et malheureusement, si rien n’est fait rapidement, l’évolution vers un coma peut être fulgurante. Dans certains cas, la mort survient en moins de 48 heures.

La pilule contraeptive : 

Les pilules contraceptives, qu’elles soient à base de progestatifs seuls ou associées à des œstrogènes, peuvent attirer la curiosité des chiens un peu trop fouineurs. Heureusement, lorsqu’une quantité minime est ingérée, elles provoquent rarement des symptômes inquiétants. Il peut y avoir quelques troubles digestifs ou un état de somnolence passager, sans conséquences majeures.

3. Le jardin et le salon : les plantes toxiques

Et les plantes ? Vous y aviez pensé ? Eh oui, certaines plantes que l'on peut avoir dans son salon ou dans son jardin peuvent provoquer leur lot d’intoxications. Les chats sont plus souvent adeptes du grignotage de plantes, mais les chiens en font aussi les frais.

Voici quelques plantes que vous devez connaître.

Laurier rose : 
Derrière sa floraison généreuse et ses airs de plante méditerranéenne inoffensive, le laurier rose cache une toxicité redoutable. Toutes les parties de cette plante sont dangereuses : feuilles, tiges, fleurs… rien n’est à laisser mâchouiller à un chien un peu trop curieux. Le principe actif toxique, les hétérosides cardiotoniques, agit directement sur le cœur et peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, de la salivation excessive, des vomissements, voire une atteinte du système nerveux. L’ingestion même en petite quantité peut entraîner un malaise grave et nécessite une prise en charge rapide.

Dieffenbachia (canne du muet) : 
Très répandue dans les intérieurs pour son feuillage décoratif, cette plante contient des cristaux d’oxalate de calcium. Lorsqu’un animal la mâchouille, ces cristaux se libèrent et irritent fortement la bouche, la langue et le pharynx. Résultat : bave abondante, douleur, inflammation locale et parfois difficulté à avaler. Dans les cas sévères, un œdème peut entraîner des difficultés respiratoires. Elle n’est pas toujours mortelle, mais peut rendre un chien très inconfortable, et la douleur peut être impressionnante.

Muguet :
Souvent symbole de printemps et porte-bonheur chez l’humain, le muguet est un danger redoutable pour nos compagnons à quatre pattes. Toutes ses parties sont toxiques, en particulier les clochettes blanches et les baies. Là encore, ce sont des hétérosides cardiotoniques qui sont en cause. Quelques grammes peuvent suffire à provoquer des troubles digestifs sévères, de la désorientation, et des arythmies cardiaques pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

Aloe vera : 
On pourrait croire que l’aloe vera, avec sa réputation d’allié santé, est inoffensive pour tout le monde… sauf que pour les chiens, c’est une autre histoire. Si la pulpe est relativement bien tolérée (et encore), le latex jaune contenu dans les feuilles est très irritant. Il peut provoquer des diarrhées, des vomissements, et une léthargie importante. L’ingestion régulière ou en grande quantité peut également affecter les reins.

Philodendron : 
C’est la star des plantes d’intérieur, mais elle est loin d’être l’amie des chiens. Comme le Dieffenbachia, elle contient des oxalates de calcium insolubles. Cela signifie que si un chien croque dedans, il peut ressentir une douleur buccale très vive, saliver abondamment, avoir du mal à avaler, voire développer un œdème de la gorge. Ce n’est pas forcément mortel, mais cela mérite un tour chez le vétérinaire.


Et pour finir, même si on ne finit jamais vraiment des choses que le chien ne devrait pas ingérer, nous allons faire un tour des produits domestiques. 


4. Les produits domestiques

Les produits ménagers

On pense rarement à nos placards de ménage comme à une source de danger, et pourtant… Certains produits du quotidien peuvent provoquer de véritables brûlures chimiques chez nos animaux, parfois en quelques secondes à peine.

Un chien qui lèche un sol fraîchement nettoyé, un flacon mal refermé, une éclaboussure pendant le ménage… Il n’en faut pas plus. Les premiers signes ne passent pas inaperçus : une salivation excessive, des vomissements parfois sanglants, des rougeurs dans la bouche ou sur la langue, et un comportement inhabituel comme un chien qui mâchonne dans le vide ou qui semble gêné pour avaler.

Et si le produit a été projeté dans les yeux, l’inconfort est immédiat : œil fermé, larmoiement, et frottements répétés avec la patte.

Les produits les plus en cause ? Ceux qu’on appelle “alcalins” ou “basiques”, avec un pH élevé (au-dessus de 8). Cela inclut la soude caustique, les déboucheurs, certains dégraissants, les nettoyants pour four ou encore les lessives en poudre ou en liquide. Autrement dit, des incontournables de nos placards.

Chez les jeunes chiens, plus enclins à explorer le monde avec leur gueule qu’avec leur bon sens, les risques sont d’autant plus élevés. Une simple léchouille sur un sol mal rincé, ou une ingestion accidentelle, peut entraîner des brûlures internes sévères. Et pas seulement dans la bouche : les lésions peuvent s’étendre à l’œsophage, à l’estomac, voire entraîner des perforations s’il n’y a pas de prise en charge rapide.

C’est un scénario que l’on ne souhaite à personne, alors mieux vaut jouer la carte de la prévention : sécurisez vos produits ménagers, rincez soigneusement après le nettoyage, et évitez de laisser votre animal libre d’accès pendant vos séances de ménage.


Produits Raticides

Celui-ci est malheureusement le plus connu … Et les propriétaires de chien qui sont déjà passés par là, savent que ce n’est pas une mince affaire. La majorité des raticides vendus sont des anticoagulants. Cela signifie qu’ils empêchent le sang de coaguler normalement. Chez un chien intoxiqué, les effets ne sont pas immédiats : les symptômes mettent souvent 2 à 3 jours à apparaître, ce qui rend le diagnostic encore plus difficile (et cela pour une histoire de rat qui revient dans son terrier, sans être malade, et qui dit à ces copains rats qu’il n’est pas malade) 

Le plus inquiétant ? Les doses toxiques sont très faibles. Un chien peut présenter des signes d’intoxication après avoir mangé un appât unique, et un chiot ou un petit chien est encore plus vulnérable. Même un chien qui n'a pas ingéré le raticide directement peut être intoxiqué s'il mange un rongeur contaminé.

Ce qui rend ces intoxications si insidieuses, c’est qu’elles peuvent ressembler à d’autres maladies : le chien peut sembler fatigué, essoufflé, ou présenter une boiterie. Mais très vite, les choses s’aggravent : on peut observer des hémorragies internes, du sang dans les urines ou les selles, des saignements de nez ou de gencives, ou encore des ecchymoses sous la peau. En cas de saignement dans la poitrine ou l’abdomen, l’état général peut chuter brutalement, ainsi que sa température corporelle. 

Pas une minute à perdre : direction le vétérinaire. Si l’ingestion date de moins de 2 heures, on peut tenter de faire vomir le chien. Au-delà, un antidote existe - ouf !- la vitamine K1. Elle permet de relancer la fabrication des facteurs de coagulation, mais elle doit être administrée rapidement et sur plusieurs semaines. Un suivi biologique est souvent nécessaire pour surveiller la coagulation.

Important : même si votre chien semble aller bien juste après l’ingestion, n’attendez pas les premiers symptômes. Ils peuvent apparaître trop tard, une fois que les saignements internes ont déjà commencé. L’intoxication au raticide peut être mortelle, mais si elle est prise en charge à temps, le pronostic est bon.

Anti-Limace

L’anti-limace, ce sont ces petits granulés bleus qu’on trouve dans les jardins pour protéger les plantes. Mais attention : leur goût sucré les rend particulièrement attirants pour nos compagnons à quatre pattes, et une ingestion, même minime, peut avoir de lourdes conséquences.

Les premiers symptômes apparaissent rapidement, entre 1 à 3 heures après ingestion. Chez certains chiens, cela provoquera "simplement" des troubles digestifs (vomissements, diarrhées). Mais dans les cas plus graves, l’intoxication prend une tournure bien plus inquiétante, avec des troubles neurologiques sévères, comme des convulsions.

Il n’y a pas que le métaldéhyde (le fameux bleu) à surveiller. Le méthiocarbe (granulés violets) est tout aussi dangereux, et peut provoquer les mêmes signes. Quant au phosphate de fer (granulés gris-verts), il est un peu moins toxique, mais reste irritant pour l’appareil digestif.

Et niveau dose ? Il suffit d’environ 20 grammes de produit ingéré pour qu’un chien de 5 kg montre des signes d’empoisonnement.

L’engrais

Dans votre jardin, les engrais ont pour but de nourrir les plantes… mais ils peuvent aussi empoisonner votre chien. Les produits classiques affichent souvent la mention NPK (Azote, Phosphore, Potassium). En cas d’ingestion, les effets restent en général modérés, avec des vomissements ou des diarrhées dans les 12 heures. Rien de dramatique la plupart du temps, mais ça mérite quand même une consultation pour pallier aux troubles digestifs.

Là où ça devient beaucoup plus sérieux, c’est avec les engrais contenant du tourteau de ricin. Ce sous-produit de l’extraction de l’huile de ricin est parfois ajouté aux engrais pour enrichir le sol. Sauf que, pour les chiens (et les chats), c’est hautement toxique. Une ingestion, même en faible quantité, peut provoquer une gastro-entérite hémorragique, avec des vomissements, une diarrhée sanglante, des douleurs abdominales intenses, et parfois des atteintes rénales ou neurologiques. Dans les cas les plus graves, l’intoxication peut être mortelle.

Le tourteau de ricin est donc à garder absolument hors de portée des animaux. Avant d’utiliser un engrais, surtout dans une zone accessible à votre chien, vérifiez toujours la composition. Mieux vaut prévenir que courir aux urgences vétérinaires.


L’eau de javel

On pense souvent que l’eau de Javel, parce qu’elle est courante à la maison, n’est pas si dangereuse. Et pourtant, pour un chien, l’ingestion ou même le léchage de ce produit peut vite tourner à l’intoxication.

La Javel diluée (celle utilisée pour le ménage quotidien) peut provoquer des irritations au niveau de la bouche, de l’œsophage ou de l’estomac : on parle de brûlures chimiques. Le chien peut alors présenter une salivation excessive, des vomissements, ou avoir du mal à avaler. Il peut également refuser de s’alimenter à cause de la douleur.

Et si l’eau de Javel est concentrée, comme celle utilisée pour désinfecter les canalisations ou les terrasses. Là, c’est bien plus grave. En cas d’ingestion, on peut observer de véritables brûlures profondes dans le tube digestif, parfois accompagnées de vomissements sanglants, de diarrhée sévère, voire de lésions irréversibles.

À retenir : ne laissez jamais de seaux ou de bouteilles à portée de gueule, rincez bien les sols après. 

Bon, c’est bien beau tout ça - ou pas. Maintenant qu’on sait que l’intégralité de notre maison est un cinéma d’horreur d’intoxication, même si certaines sont plus “légères” d’autres peuvent avoir des conséquences très graves sur le chien. Ce n’est donc pas de la paranoïa que d’être vigilant, c’est du bon sens. Comme on le ferait pour des enfants humains. 

Mais malgré toutes les précautions du monde, un accident peut vite arriver. Et quand c’est le cas, pas question de paniquer ou d’improviser. La rapidité et la justesse de vos réactions peuvent vraiment faire la différence.
Alors, dans la partie suivante, voyons ensemble les bons gestes à adopter si votre chien ingère un produit potentiellement toxique. Parce qu’agir vite, c’est bien. Mais agir bien, c’est encore mieux.

5. Agir en cas d’urgence

Agir comme un héros pour son chien ? Oui, mais pas toujours si simple.
Parfois, on ne voit rien venir. On n’était pas là, on rentre d’une course, et on remarque que quelque chose cloche : salivation excessive, fatigue, troubles digestifs… Les symptômes peuvent s’installer en douce, sans crier gare.

Dans ce cas-là, la première chose à faire, c’est de foncer chez votre vétérinaire habituel. Lui seul pourra évaluer l’état général de votre animal et mettre en place le traitement nécessaire.

Mais si vous avez pris votre chien en flagrant délit — deux pattes sur la table basse, en train de lécher ce qu’il ne faut pas — alors là, vous avez une longueur d’avance.

Si vous connaissez l’aliment ou le produit ingéré, contactez immédiatement un centre antipoison vétérinaire. Il en existe deux en France :

  • CAPAE Ouest à Nantes : 02 40 68 77 40

  • CNITV à Marcy-l’Étoile : 04 78 87 10 40

Ces services sont joignables tous les jours, de 8h30 à minuit. Des vétérinaires spécialisés en toxicologie vous poseront des questions précises sur l’animal (poids, âge, état général) et sur la substance concernée (quantité, composition, délai d’ingestion), afin de vous guider au mieux. Un vrai coup de pouce pour savoir si l’urgence est vitale ou si on peut souffler un peu.

Après les conseils du centre antipoison, il est fort probable qu’on vous oriente vers une consultation chez votre vétérinaire. En fonction de la substance ingérée, le vétérinaire pourra décider de faire vomir votre chien à l’aide d’une injection spécifique, à condition que l’ingestion date de moins de deux heures.

Et là, petite mise en garde : faire vomir un animal chez soi, ce n’est vraiment pas une bonne idée. Même avec les meilleures intentions, le risque de fausse route est réel. Et dans ce cas, chaque seconde compte… et malheureusement, à domicile, on n’a ni le matériel ni les compétences pour réagir à temps.

Et puis parfois, faire vomir est carrément contre-indiqué. C’est le cas pour tous les produits irritants (comme l’eau de Javel, les produits ménagers, les déboucheurs…), qui brûlent autant à l’aller… qu’au retour. Même chose si l’animal a avalé des objets coupants ou tranchants (oui, certains chiens mangent des assiettes cassées, littéralement), ce qui pourrait causer de graves lésions internes.

Autre idée reçue à bannir : ne donnez ni à manger, ni à boire. Cela pourrait sembler logique pour “diluer” le poison ou “aider à digérer”, mais c’est en réalité risqué. Certains produits sont mieux absorbés par l’organisme en présence d’aliments, ce qui pourrait aggraver la situation. Et pour les produits caustiques ou moussants, cela peut même empirer les lésions.

Donc, on récapitule les gestes de base en cas d’intoxication :

- On garde son calme (c’est toujours plus efficace que de paniquer)

- On appelle un centre antipoison vétérinaire ou son vétérinaire habituel

- On ne fait pas vomir l’animal soi-même

- On ne donne pas à boire

- On ne donne pas à manger

Et surtout, on n’attend pas que ça passe tout seul. L’intoxication est une urgence médicale. Chaque minute compte.

Il existe également un numéro de téléphone national pour les urgences vétérinaires : 3115. Qui, en fonction de votre localisation, pourra vous orienter vers le service d’urgence le plus proche. Ce numéro est disponible 24H/7j. 

Et surtout, un dernier point très important : quand vous appelez le centre antipoison ou que vous arrivez chez votre vétérinaire, dites tout. Même si vous avez honte, même si ce que votre chien a ingéré est une substance illégale, même si ça vous paraît “idiot”. Ce n’est ni la police, ni un service de jugement. Ce sont des professionnels de santé, là pour sauver la vie de votre animal.

Plus vous êtes précis, plus vous donnez d'informations, plus on gagne du temps, et dans ce genre de situation, c’est souvent ce qui fait toute la différence.

Alors pas de honte, pas de détour : on dit tout, pour le bien de son compagnon.



On ne va pas se mentir : la vie avec un chien, c’est un joyeux bazar. Une friandise qui traîne, un médicament qui tombe, un coin de jardin laissé en friche ou un placard mal fermé… Ce sont des petits oublis du quotidien, qu’on ne repère souvent qu’une fois que le chien a eu le nez dedans.

Mais c’est justement parce que l’intoxication peut arriver vite — parfois très vite — qu’il est essentiel d’anticiper autant que possible. Ce n’est pas pour vivre dans la paranoïa, mais bien pour éviter des situations d’urgence qui peuvent être lourdes de conséquences.

Alors, oui, la prévention commence à la maison. Cela passe par des gestes simples : Rranger les produits ménagers hors de portée, ne pas acheter certaines plantes si on sait qu’on a un grignoteur en herbe, éviter de laisser les médicaments en libre service, se méfier des appâts dans les lieux publics ou les jardins partagés..

Mais on le sait tous : même avec les meilleures intentions du monde, un accident peut arriver. Et dans ce cas, ce qui fera la différence, c’est votre sang-froid… et votre préparation. C’est pour ça que garder dans son téléphone les numéros du centre antipoison vétérinaire, et ceux de votre clinique, peut vraiment sauver des vies.

Et surtout, souvenez-vous : les vétérinaires ne sont pas là pour juger. Même si vous avez honte, même si l’animal a ingéré une substance “pas très légale” ou que vous vous sentez coupable d’un oubli… dites tout. Vite. Parce que plus on a d’informations, plus on peut intervenir efficacement. Ce n’est ni un tribunal, ni un interrogatoire — c’est un accompagnement, pour votre animal et pour vous.

En résumé ?

On ne peut pas tout prévoir, mais on peut se préparer. Et si un jour ça vous arrive — parce que oui, même les meilleurs propriétaires peuvent vivre ça — vous saurez quoi faire.

Et ça, c’est déjà beaucoup.

 

Sources d’informations : https://chuv.umontreal.ca/le-chuv/hopital-des-animaux-de-compagnie/ressources/#1651261945042-14fe359f-6e75

https://www.112-veterinaire.com/index.php


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